L’écologisme et nous : Comment trouver de nouvelles routines sans devenir dingo

Dans la vie, on aime bien coller des étiquettes aux gens, les ranger dans des « catégories ». Instagram n’échappe pas à la règle. Je suis bon nombre de comptes estampillés « Montessori », « Zéro déchet » et autres. J’admire les personnes ayant réussi à totalement changer leurs habitudes et qui semblent ne jamais faire de faux pas. Mais il y a ça, des comptes qui pour moi sont des inspirations, des modèles… et la vraie vie. Tu sais, comme la super maison scandinave minimaliste où aucun être humain ne doit réellement vivre 😛 (ou en tous cas pas un être humain s’étant déjà reproduit).

Je vois ma page comme l’archétype du petit compte généraliste : je vous montre un peu de livres, un peu de produits ménagers, beaucoup de petites anecdotes d’un quotidien ordinaire, un peu de déco, un peu de gâteaux, un peu d’anniversaires. Rien de bien précis, juste ce que j’ai envie de montrer, au moment où j’ai envie de le montrer.

Mais un des thèmes pour lequel j’ai le plus de questions, c’est celui qui touche au fait maison et à l’écologisme (oui, en écrivant cet article, j’ai appris qu’on utilise souvent à tort le mot « écologie »). Le fait de faire des produits ménagers maison, de faire attention à la composition des produits de soin, d’essayer de limiter nos déchets.

Suis-je pour autant « écolo », « zéro déchet » ou « madame tout fait maison » ? Non, pas du tout. En fait, je pense que je me trouve dans cette tranche un peu intermédiaire de la population, dont font partie de plus en plus de gens, qui se posent des questions et essaient d’agir différemment sur certains points, mais sans vouloir (ou réussir) à basculer totalement « de l’autre côté ». Et c’est bien je trouve. Je me dis toujours, autant en faire un petit peu que ne rien faire du tout. Et plus on est à faire « un petit peu », plus ça fait son petit effet. Evidemment que ce n’est pas uniquement comme ça qu’on permettra à notre planète d’aller mieux. Mais qui pourrait réellement prétendre – avec enfants en plus et pas un budget illimité non plus – réussir à vivre totalement de manière écologico-économico-éthico-parfaite ?

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Mais ce que je constate, c’est que de voir une personne « normale » se mettre à faire des petites choses comme la lessive maison, ça en motive d’autres et c’est ça le plus important.

Le but de cet article, c’est donc de partager avec vous en toute transparence notre démarche, juste pour dire qu’on n’est pas obligé de se sentir investi de la mission de tout changer à sa vie pour pouvoir prétendre faire quelque chose pour l’environnement. Avec de petites choses, même si on ne change pas le monde, on montre déjà à nos enfants qu’il faut se soucier de ces problèmes, qu’ils existent. Qu’on peut faire des efforts à notre niveau, même si ça semble insuffisant. Que même si Instagram nous fait parfois culpabliser en voyant des comptes où les gens semblent toujours réussir à fond ce qu’ils entreprennent, il faut garder à l’esprit dans dans la vraie vie, même avec toute la bonne volonté du monde, on est parfois (souvent) fatigués, occupés, à plat, peu importe, et que c’est difficile de toujours faire tout bien

Parfois, j’ai l’impression que la pression est plus forte sur les gens qui essaient de faire un effort, même petit, que sur ceux qui ne font rien.

Alors voilà les petites choses que nous avons pu mettre en place sans devenir dingo.

En préambule, je souhaite juste déjà clarifier un point : il y ce qu’on fait avec comme motivation l’écologisme (soit, selon le Larousse, une « position dominée par le souci de protéger la nature et l’homme lui-même contre les pollutions, altérations et destructions diverses issues de l’activité des sociétés industrielles ») et ce qu’on fait pour protéger sa santé. Souvent, les deux vont de pair, car ce qui est mauvais pour notre santé l’est aussi pour la nature et inversement. Cependant, quand par exemple je me penche sur la composition des produits de soin, l’application que j’utilise va pointer du doigt les composants allergènes ou suspectés d’être cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques. Les silicones par exemple, ne seront pas listés, car pas à ce jour considérés comme toxiques pour l’homme, mais certainement néfastes par contre pour l’environnement une fois qu’ils se retrouvent dans la nature. Idem avec les tensioactifs comme le SCS ou le SCI qu’on retrouve dans les shampoings solides ou le cake vaisselle.

Difficile donc de rendre une copie parfaite sur tous les plans. Gardons cela à l’esprit.

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Les magasins vrac, le marché à la ferme, les artisans locaux vs. les grands méchants supermarchés

J’aimerais bien acheter tout en vrac, local, de saison, etc., mais il faut se rendre à l’évidence, à moins d’habiter dans un endroit avec tout à proximité, ce n’est pas une sinécure et ça prend vite beaucoup de temps, si on compte qu’il faut se déplacer entre la boucherie, la fromagerie, la ferme, le magasin vrac, etc. Faire 50 km en voiture pour acheter 10 produits (je noircis un peu le trait), ça n’a pas forcément de sens. Ah oui, il y a aussi les horaires d’ouverture qui ne cadrent pas toujours… et qui t’obligent à aller faire des courses 3 fois dans la semaine si tu veux tout avoir.

Donc ce que j’ai réussi à mettre en place, c’est qu’à la belle saison, j’achète régulièrement les légumes, les fruits et les œufs à la ferme. En hiver, beaucoup moins 😦 .

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J’achète en vrac la majorité des denrées non périssables de base, que j’utilise régulièrement : le sucre brut, la farine, le riz parfumé, le riz pour risotto, la poudre à lever, les huiles, le vinaigre de pommes et le vinaigre pour le ménage, le savon de Marseille, les shampoings solides, etc. Je vais au magasin toutes les 3 à 4 semaines je dirais et je prends tout en une fois et pas à coups de 200g. Si un ingrédient n’est pas fini, je recharge quand même, parce que si j’attends que tout soit fini en même temps, ben je n’irais jamais 😛 . Pour ne pas trimballer mon bocal au quart plein et recharger par-dessus, je retourne le bocal, je fais un trait sur le contenant au niveau de ce qui me reste. Je vide dans un plat et je remets ce qui restait dessus une fois de retour de courses.

Pour ce qui est des ingrédients pour les produits ménagers, je les achète soit au magasin vrac/bio (mais il y a souvent quand même un emballage, recyclable par contre), soit si trop spécifique, sur internet (j’achète quasi tout ce que je ne trouve pas ailleurs sur Cosmaking, parce que c’est suisse et que ce sont des entrepreneurs indépendants).

Il y a des choses du quotidien que je n’achète quasiment jamais en vrac : les pâtes (franchement, on en consomme beaucoup et niveau prix, il y a une trop grosse différence), la viande et le poisson (je vais beaucoup trop rarement à la boucherie j’avoue, même si je sais que niveau prix c’est souvent loin d’être plus cher que les grandes enseignes…). Sur ces deux points, j’aimerais vraiment  m’améliorer : aller prendre la viande et la charcuterie à la boucherie et acheter plus souvent le poisson au supermarché en emportant mon propre contenant (oui bon, encore mieux serait d’aller chez le pêcheur au bord du lac.. en 2020 on dira, faut pas y aller trop vite 😉 ).

Voilà. Ma conscience et moi, on se débrouille comme ça. Pour l’instant, je n’ai pas l’énergie de faire souvent beaucoup mieux j’avoue. Mais dans mes objectifs à moyen terme, je sais que de planifier mes repas à la semaine (et m’y tenir…) me permettrait de mieux gérer les courses et d’avoir recours encore plus aux petits commerces sans prendre la voiture tous les jours pour trouver ce qui manque 😉 #mid2019goal . La planification correcte des repas de la semaine évite aussi le gaspillage alimentaire. A ce jour, on jette très peu, mais ça arrive encore que je n’utilise pas un produit qui traîne dans mon frigo et qu’il finisse à la poubelle car périmé :-/ .

Le fait maison alimentaire

Encore une fois, non, je ne fais pas tout maison 🙂 . J’essaie de faire le maximum, mais j’ai des périodes où j’ai des coups de mou, je perds ma routine et… j’achète. Typiquement, après des mois de belle rigueur, ça fait depuis mi-octobre que je n’ai refait ni yaourts, ni pain maison (à part la tresse). Et c’est comme ça ! Pareil pour les goûters des filles par exemple. Parfois j’arrive à faire plein de choses, je congèle, je planifie, etc. Et le reste du temps, j’achète tout fait. Pour les repas aussi, j’essaie de faire au maximum avec des ingrédients non transformés, mais soyons honnêtes, j’achète parfois des cordons-bleu et des nuggets tout préparés (pourtant Dieu sait que c’est pas sain et pas clean ah ah), parfois j’achète de la confiture, des biscuits, du pain toast et j’en passe 😉 ça, c’est la vraie vie.

Par contre, je sacrifie rarement (mais ça m’arrive quand même bien sûr !!) aux principes suivants : j’évite au max tout ce qui contient de l’huile de palme et j’achète rarement des produits qui ne sont pas certifiés bio bourgeon (le label bio suisse, qui va plus loin que les prescriptions légales suisses en matière d’agriculture biologique). Pour autant que les produits existent en version bio bien sûr 😛 . Autant dire que ça ne laisse pas toujours beaucoup de choix.

Je vais me permettre encore une petite digression : arrêtons de confondre bio et bon pour la santé. Quelque chose de non bio, peut être par ailleurs sain. Ce n’est pas forcément bourré de saloperies ; typiquement, si vous achetez des légumes / fruits suisses de saison chez un producteur local, c’est n’est pas non plus le truc qui sera hautement rempli de pesticides ou autres. Si vous achetez un paquet de biscuits bio bourrés de sucre (ou sirop de sucre, sirop de glucose et autres joyeusetés) et d’huile de palme (car oui oui, la plupart des biscuits bio sont bourrés d’huile de palme… bio), ça sera bien pire niveau équilibre alimentaire. Donc ce n’est pas parce qu’on achète « tout » bio qu’on mange mieux que quelqu’un qui n’achète rien de bio, mais du local et qui fait beaucoup de choses maison. Fin de la parenthèse 😉 .

Pour le bio d’ailleurs, si je fais mes courses en supermarché, je vais plutôt à la Coop, parce que les produits de leur gamme Naturaplan satisfont aux exigences du label bio bourgeon (qui va plus loin que les exigences légales fédérales pour l’agriculture biologique), que ce soit des produits suisses OU importés. Ce qui n’est pas le cas du label Migros Bio (satisfait en principe aux exigences bio bourgeon pour les produits suisses, mais pas PAS pour les produits importés). On pinaille vous me direz. Mais pour moi c’est important. Des explications plus détaillées ici, si ça vous intéresse.

Le fait maison pour les produits d’entretien et de soin

 

Pour les produits d’entretien, je fais presque tout maison maintenant (exception notable : les tablettes pour le lave-vaisselle) :

  • Les sprays vinaigre et multiusages pour la cuisine et les salles d’eau
  • Les tablettes WC
  • Le cake vaisselle pour la vaisselle à la main (recette publiée prochainement)
  • Le spray pour les vitres (recette publiée prochainement)
  • La crème à récurer (recette publiée prochainement)
  • La lessive
  • L’adoucissant

Pour le reste, j’utilise des ingrédients « bruts », sans préparation particulière. Par exemple de la pâte eau-bicarbonate pour nettoyer le four, de l’alcool ménager pour nettoyer et désinfecter les placards de cuisine, le frigo, les poignées, etc. Le nettoyeur-vapeur pour les sols, le vinaigre blanc pour détartrer (la bouilloire, les robinets, etc.).

Sur ce point, je suis super convaincue. Tous les produits que j’ai préparés et testés sont efficaces, vite faits et avec peu de matières premières différentes. Une fois qu’on a le stock d’ingrédients nécessaires à disposition, tout roule (d’ailleurs je publierai tout bientôt un article récapitulatif sur le sujet, alors stay tuned !). Niveau financier, ça revient moins cher, c’est sûr. Niveau emballages, on évite aussi tous les emballages et flaconnages en plastique. Niveau environnement, on est BEAUCOUP mieux qu’avec des produits industriels, car la grande majorités des matières premières que j’utilise sont bio-dégradables. Mais pas tout. Les tensioactifs (utilisés pour le cake vaisselle) ne sont pas irréprochables au niveau environnemental, mais toujours moins pires que le cocktail chimique des Cillit Bang et autres Mr Propre, pour ne pas les citer.

Pour ce qui est des produits de soin, je ne fais quasiment aucune préparation moi-même à ce stade, à part le liniment pour Inès et des préparations « minute » pour des masques ou des gommages. J’utilise majoritairement des produits « bruts » :

  • Le savon d’Alep pour la douche ;
  • Des huiles végétales pour l’hydratation du corps et du visage, pour le démaquillage ;
  • Des hydrolats en guise de tonique.

Et sinon des produits clean que j’achète tout faits, comme les shampoings solides artisanaux ou des produits industriels dont la composition est clean.

Et bien sûr encore partiellement des produits cra-cra, comme:

  • un shampoing et un soin anti-jaunissement pour les cheveux – qui va de pair avec le fait d’avoir des cheveux décolorés ;
  • le maquillage – là j’avoue que je ne me suis pas encore du tout penchée sérieusement sur la question. Je me maquille très rarement depuis que je ne travaille plus et donc mon stock de produits diminue très très lentement. Comme c’est très occasionnel et pas tous les jours que je me tartine de produits probablement issus du pétrole, ma conscience vit avec pour le moment ;
  • le déodorant – là je suis très très mauvaise élève. Je suis absolument immensément mega indisposée par l’odeur de la transpiration. Chez les autres déjà c’est un désastre, alors sur moi n’en parlons pas. A ce jour, j’ai testé plusieurs choses et rien n’a réussi à me « protéger » correctement. Donc oui, j’utilise encore un déo avec des sels d’aluminium. C’est mal, mais pour l’instant c’est comme ça !

Mais ça ne concerne que des produits pour moi, pas pour les enfants. Pour eux je mets vraiment un point d’honneur à ne rien utiliser de cra-cra (à part une boule de bain Lush 2 ou 3 fois par an 😛 oui oui, je sais qu’on peut les faire soi-même, mais elles ne les aiment pas autant, je peux en témoigner 😉 ). Par contre, tant pour ça que pour l’alimentaire, je ne me rends pas malade non plus. Je n’impose pas ces préceptes aux autres. Si mes filles vont dormir chez leurs grands-parents et se lavent une fois au Petit Marseillais, je vis avec. Si elles mangent des Kinder et des tartines de Nutella, soit. Elles ne vont pas mourir pour une fois de temps en temps. Et soyons honnêtes, même si elles comprennent très bien pourquoi on évite ce genre d’aliments (et le vivent bien, je vous rassure !), ça leur fait plaisir d’en avoir de temps en temps 😉 .

* * *

En plus de tout ça, il y a évidemment les petits gestes qui sont chez nous ancrés depuis longtemps – mon papa était méga au taquet du tri/recyclage et de l’écologisme il y a 30 ans déjà 😀 – comme le fait de recycler les déchets, utiliser un compost, ne pas laisser couler l’eau ou laisser les lumières allumées sans raison ! Eteindre tous les appareils possibles au lieu de les laisser en veille, utiliser des ampoules led ou basse consommation. Eviter de prendre tout le temps la voiture, mais là à cette saison j’avoue, je ne suis pas très bonne élève :-S .

Rappelons quand même qu’un déchet recyclé, c’est bien, mais un déchet qu’on ne produit pas… c’est encore bien mieux !

J’espère que ce petit article aura été éclairant ! Nous sommes à la veille du fameux défi « Février sans supermarché », alors si vous hésitez à vous lancer, c’est le moment ! Le but n’est pas forcément de ne plus mettre du tout les pieds au supermarché, mais de prendre de nouveaux repères et de profiter de tous les groupes (type groupe FB) de votre région pour noter les bonnes adresses et les bons plans pour acheter local 🙂 .

Et n’oubliez pas que chacun suit son propre chemin, à son rythme. Ne jugez pas les autres pour ce qu’ils font et soyez fières de ce que vous entreprenez, même si vous avez l’impression que ce ne sont que des petites choses !

2 commentaires sur “L’écologisme et nous : Comment trouver de nouvelles routines sans devenir dingo

  1. En tout cas bravo pour tout ce que tu fais, ça m’impressionne, j’en suis encore très loin! Pour l’instant j’achète presque que du bio, de saisons et cosmétiques bio aussi. J’aimerais vraiment réduire mes déchets surtout ça me déprime tous les sacs poubelles que l’ont rempli! Ma prochaine étape, c’est acheter plus en vrac et faire plus de produits nettoyage maison (donc j’attends avec impatience tes recettes!). Mais entre le boulot et les enfants encore petits j’ai l’impression de n’avoir jamais le temps! Bref j’aime bcp suivre ton compte insta et ton blog, ça m’inspire car comme tu le dis tu ne cherches pas la perfection (même si tu es un peu Bree Van de Kamp à côté de moi haha) et ce n’est pas (trop) culpabilisant! J’avoue aussi que mon mari n’est pas super coopératif encore, il s’intéresse pas trop à tout ça et j’ai l’impression de parler dans le vide mais je l’aurai un jour! Et je parle bcp d’écologie à mes enfants, au moins ça! :))
    Bonne suite,
    Christelle

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    1. Merci Christelle!!

      Ce que tu fais c’est déjà top! C’est dur de se mettre dans une nouvelle routine, pour bcp de choses j’ai aussi de la peine à m’y mettre 100% du temps et c’est normal! L’important c’est déjà d’y faire attention! Et comme tu dis, rendre les enfants attentifs 😊

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